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· 2 min de lecture

Déléguer sans déléguer sa responsabilité : la conformité comme critère de choix

Selon Le Parisien, une agence immobilière sur deux valide les critères racistes formulés par des propriétaires. Ce constat rappelle qu'en confiant une mission à un tiers, vous lui confiez aussi une part de votre responsabilité et de votre réputation.

Le Parisien rapporte qu'une agence immobilière sur deux valide les critères racistes formulés par des propriétaires, y compris des consignes explicites écartant des personnes en raison de leur couleur de peau. Le sujet dépasse largement le secteur immobilier. Il pose une question qui concerne tous les acheteurs de prestations : que fait un professionnel lorsqu'un client lui demande quelque chose d'illégal ?

En droit français, la discrimination fondée sur l'origine, l'apparence physique ou le patronyme est interdite et sanctionnée. Le fait qu'une demande émane d'un client ne l'autorise en rien, et le professionnel qui l'exécute engage sa propre responsabilité. Ce principe est identique quel que soit le métier concerné.

Pour une entreprise qui délègue, l'enseignement est direct : un prestataire agit en votre nom. Une agence de communication publie sous votre marque, un cabinet de recrutement trie des candidatures pour votre compte, une agence média achète de la publicité avec votre budget. Leurs pratiques deviennent vos pratiques aux yeux du public, et parfois du juge.

Intégrez donc la conformité à votre grille de sélection, au même rang que le prix et la créativité. Demandez en entretien comment le prestataire réagit face à une demande client contraire à la loi, et s'il a déjà refusé une mission pour ce motif. Une réponse embarrassée ou purement commerciale constitue en soi une information.

Vérifiez ensuite l'existence de procédures écrites : charte interne, sensibilisation des équipes, référent identifié, circuit d'alerte, traçabilité des décisions. Une organisation qui n'a rien formalisé s'en remet au jugement individuel de chaque collaborateur, ce qui fonctionne jusqu'au jour où cela ne fonctionne plus.

Le marketing digital appelle une vigilance particulière. Les critères de ciblage publicitaire, les paramètres d'exclusion d'audience et les outils automatisés de tri peuvent produire des effets discriminatoires sans intention explicite. Demandez qui contrôle ces réglages, selon quelle règle, et exigez de pouvoir les auditer.

Faites enfin entrer ces engagements dans le contrat : clause de respect de la législation, obligation d'alerte si une instruction reçue pose problème, droit d'audit, conséquences en cas de manquement. Ces lignes ne coûtent rien à négocier avant la signature et protègent votre réputation, bien plus longue à reconstruire qu'un contrat.

Questions fréquentes

Mon entreprise est-elle exposée si son prestataire commet une discrimination ?

L'action est menée en votre nom et sous votre marque, ce qui crée un risque de réputation immédiat et, selon les cas, une exposition juridique. Le contrat doit répartir clairement les responsabilités et prévoir un droit d'audit.

Comment tester la conformité d'un prestataire en entretien ?

Posez une question de mise en situation : que faites-vous si un client vous demande d'écarter des profils sur un critère interdit ? Demandez ensuite les documents internes qui encadrent cette réponse.

Faut-il une clause spécifique dans le contrat ?

Oui. Une clause de conformité légale assortie d'une obligation d'alerte et d'un droit d'audit est simple à rédiger et rarement refusée par un prestataire sérieux.

Sources

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