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Mesure des campagnes : les garanties à exiger de votre agence média
Le Monde rapporte que M6 a fait condamner Google à près de 23 millions d'euros pour pratiques anticoncurrentielles sur le marché de la publicité en ligne. Pour une entreprise, l'enseignement pratique tient à un mot : la mesure, et la capacité à vérifier ce que l'on vous facture.
D'après la dépêche du Monde, M6 a obtenu la condamnation de Google à près de 23 millions d'euros pour des pratiques anticoncurrentielles sur le marché de la publicité en ligne. Nous ne disposons pas du contenu détaillé de la décision et ne le commenterons pas. En revanche, ces affaires ramènent régulièrement le débat au même endroit : qui mesure, avec quels outils, et selon quelles règles.
Une entreprise qui confie ses campagnes à une agence hérite du même problème à son échelle. Les chiffres que vous recevez chaque mois viennent le plus souvent des plateformes elles-mêmes, c'est-à-dire des acteurs qui vous facturent. Ce n'est pas nécessairement suspect, mais cela justifie d'organiser un contrôle indépendant.
Premier garde-fou : disposer de votre propre outil de mesure. Une solution d'analyse installée sur votre site, dont vous êtes propriétaire, permet de comparer les volumes annoncés par les régies et ceux constatés chez vous. Des écarts existent toujours, pour des raisons techniques légitimes. Ce qui compte, c'est que votre agence sache les expliquer.
Deuxième garde-fou : définir les indicateurs avant le lancement. Un contrat sérieux précise ce qui sera compté comme conversion, à quelle fenêtre d'attribution, et quels événements sont exclus. Sans cette définition écrite, toute discussion sur la performance devient une négociation sémantique en fin de trimestre.
Troisième garde-fou : séparer la mesure de la vente. Lorsque le prestataire qui achète l'espace est aussi celui qui produit le rapport et fixe les règles de comptage, l'évaluation manque d'indépendance. Vous pouvez demander un point trimestriel avec un tiers, ou simplement croiser les données de campagne avec vos propres chiffres commerciaux, ce qui reste la mesure la plus honnête.
Quatrième garde-fou : suivre le coût d'acquisition réel. Le coût par clic ou le coût par formulaire renseigné ne dit rien de la valeur créée. Rapprochez les dépenses publicitaires du chiffre d'affaires signé, avec le décalage temporel propre à votre cycle de vente. Une agence à l'aise avec cet exercice est généralement une agence qui a confiance dans son travail.
Enfin, prévoyez un rendez-vous de revue contradictoire, deux à quatre fois par an, avec un ordre du jour fixe : répartition du budget, frais, résultats, écarts de mesure, décisions pour la période suivante. Ce rituel simple discipline la relation et révèle rapidement un prestataire qui préfère commenter des tableaux plutôt que rendre des comptes.
Questions fréquentes
Pourquoi mes chiffres diffèrent-ils de ceux de la plateforme publicitaire ?
Les méthodes de comptage, les fenêtres d'attribution et les consentements de suivi diffèrent. Des écarts sont normaux ; c'est leur ampleur et leur explication qui doivent être examinées.
Quel indicateur suivre en priorité ?
Le coût d'acquisition rapporté au chiffre d'affaires réellement signé, sur la durée de votre cycle de vente. Les indicateurs intermédiaires servent au pilotage, pas à l'évaluation finale.
Faut-il un outil de mesure indépendant de l'agence ?
Oui, au minimum une solution d'analyse d'audience dont votre entreprise est propriétaire, afin de pouvoir recouper les données fournies par les régies et par le prestataire.