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· 4 min de lecture

Humain ou IA : savoir ce que votre agence produit reellement, et l'ecrire au contrat

La Commere 43 rapporte le parcours d'un professionnel qui accompagne les entreprises dans l'univers digital en mettant en avant l'intelligence humaine. Derriere cet argument commercial se cache une question tres concrete pour un acheteur : savoir quelle part de la prestation que vous payez est produite par une personne et quelle part par un outil generatif.

L'information rapportee par La Commere 43 met en avant un accompagnement digital revendiquant l'intelligence humaine. Nous ne disposons que du titre de cette depeche et n'en tirerons aucun element sur les methodes ou l'offre concernee. Mais l'argument lui-meme merite d'etre examine, car il est devenu frequent sur le marche des prestations digitales et il pose une vraie question d'acheteur : que payez-vous exactement ?

Commencons par poser le probleme correctement. L'utilisation d'outils generatifs par une agence n'est pas condamnable en soi. Un professionnel qui s'en sert pour explorer des pistes, accelerer une premiere version ou verifier une structure travaille de facon normale, comme il utilise un correcteur orthographique ou une banque d'images. Le probleme n'est pas l'outil, c'est l'opacite : facturer un tarif de production humaine pour une sortie brute d'outil generatif, sans relecture ni apport, cree un ecart entre le prix et la valeur reelle.

La bonne approche n'est donc pas d'interdire, mais de rendre visible. Posez la question directement en consultation, sans agressivite : quels outils utilisez-vous, a quelle etape, et quelle est la part de travail humain dans le livrable final ? Une agence a l'aise avec cette question repondra precisement et vous expliquera son processus. Une agence genee, ou qui nie tout usage d'outils generatifs de facon categorique, vous donne un signal a creuser, car le refus total est aujourd'hui aussi peu credible que l'usage dissimule.

Certains indices se reperent dans les livrables eux-memes. Un contenu generique, qui pourrait s'appliquer a n'importe quelle entreprise du secteur, signale un travail de personnalisation insuffisant. L'absence de tout element specifique a votre activite, vos clients, vos contraintes, vos exemples, en est un autre. A l'inverse, un livrable qui integre des elements issus des echanges avec vous, qui reprend votre vocabulaire metier et qui pose des questions pertinentes sur votre fonctionnement temoigne d'un travail reel, quels que soient les outils employes.

Passons au contrat, car c'est la que se joue la protection. Trois points meritent d'y figurer. Le premier est une clause de transparence : le prestataire declare les categories d'outils generatifs utilisees et s'engage a vous informer si cet usage evolue de facon significative. Le deuxieme est une clause de relecture humaine : tout livrable remis a ete relu et valide par une personne identifiee, qui en assume la responsabilite factuelle. Le troisieme concerne la propriete intellectuelle et la garantie d'eviction, c'est-a-dire l'engagement du prestataire que les contenus livres ne portent pas atteinte aux droits de tiers.

Ce troisieme point est le plus souvent neglige alors qu'il est le plus exposant. Les contenus generes peuvent reproduire des formulations ou des elements graphiques proteges. Votre entreprise, en les publiant, en devient l'utilisateur visible. Une clause de garantie claire, adossee a une assurance de responsabilite civile professionnelle, transfere ce risque la ou il doit etre. Demandez l'attestation d'assurance, c'est un document que tout prestataire serieux fournit sans difficulte.

Ajoutez une exigence de tracabilite pour les contenus a enjeu factuel. Toute affirmation chiffree, toute reference reglementaire, toute citation figurant dans un livrable doit etre accompagnee de sa source verifiable. Cette regle est utile independamment des outils employes, mais elle devient indispensable quand une partie du texte peut avoir ete produite par un systeme capable de generer des affirmations plausibles et fausses. C'est votre nom qui figure sur la publication, pas celui de l'agence.

Enfin, ajustez votre attente de prix a la realite du travail. Si un prestataire vous propose un volume de contenu tres important a un tarif tres bas, la question n'est pas de savoir s'il utilise des outils generatifs, mais quel temps humain il peut consacrer a chaque piece. Un tarif tres bas ne finance pas la relecture, la personnalisation ni la verification des sources. C'est un arbitrage legitime pour certains contenus a faible enjeu, mais il doit etre conscient et non subi.

Questions fréquentes

Peut-on interdire a une agence d'utiliser l'IA generative ?

C'est possible contractuellement mais rarement pertinent et difficile a controler. Mieux vaut exiger la transparence sur les usages, une relecture humaine identifiee et une garantie sur les droits des contenus livres.

Comment reperer un contenu produit sans travail humain reel ?

Cherchez les elements specifiques a votre entreprise : exemples concrets, vocabulaire metier, references a vos echanges. Un texte qui conviendrait a n'importe quel concurrent n'a pas ete personnalise.

Quelle clause contractuelle est la plus importante sur ce sujet ?

La garantie que les contenus livres ne portent pas atteinte aux droits de tiers, adossee a une assurance de responsabilite civile professionnelle dont vous demandez l'attestation.

Sources

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