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· 3 min de lecture

Qui décide et qui assume dans un projet confié à une agence

Le soir d'Algérie rapporte une déclaration dans laquelle une personnalité affirme assumer les erreurs ou les choix qu'elle a faits. Transposée à un projet numérique confié à une agence, cette question de la responsabilité se règle avant le démarrage, pas au moment du premier désaccord.

Selon Le soir d'Algérie, une déclaration publique a été formulée autour du fait d'assumer les erreurs ou les choix accomplis. Nous n'en connaissons ni l'auteur ni le contexte, et ce n'est pas notre sujet. La formule pose en revanche une question que presque aucun cahier des charges ne traite : dans un projet confié à un prestataire, qui décide, qui arbitre, et qui répond des résultats obtenus ?

L'expérience des projets qui dérapent montre que le problème est rarement technique. Il tient à un flou de responsabilité : des demandes contradictoires venues de plusieurs services, des validations qui n'arrivent pas, un arbitrage budgétaire que personne ne veut prendre, et une agence qui avance en interprétant. Chacun agit de bonne foi, et le projet dérive quand même, parce que la décision n'a pas de propriétaire.

Le premier dispositif à mettre en place est un sponsor interne unique. Il s'agit d'une personne, pas d'un comité, disposant d'un mandat clair sur le budget et le périmètre, suffisamment disponible pour répondre en quelques jours, et suffisamment légitime pour trancher entre deux directions métier. Dans une TPE, c'est souvent le dirigeant lui-même ; dans une PME, c'est un cadre qui doit alors recevoir ce mandat par écrit, faute de quoi ses décisions seront systématiquement rediscutées.

Le deuxième dispositif est une répartition explicite des rôles. Sur chaque grand lot du projet, indiquez qui décide, qui est consulté, qui exécute et qui est simplement informé. Une seule personne décide par sujet. Ce document tient sur une page, se rédige en une heure et vous évitera des semaines de flottement, en particulier sur les sujets où l'agence a une opinion mais où la décision vous appartient, comme le positionnement, les priorités commerciales ou le ton employé.

Le troisième dispositif est le circuit de validation. Fixez un délai de retour, par exemple cinq jours ouvrés, et un mode de consolidation : les remarques internes sont rassemblées et transmises en une fois par le sponsor, jamais adressées séparément à l'agence par différents interlocuteurs. Prévoyez ce qu'il advient en cas de silence et le nombre d'allers-retours inclus dans le prix. Un projet qui glisse est très souvent un projet dont le client n'a pas tenu ses propres délais de validation.

Reste la question de la responsabilité des résultats, la plus délicate. Une agence est comptable de ses livrables, de sa méthode, de ses délais et des moyens qu'elle engage. Elle n'est pas comptable, seule, de vos résultats commerciaux, qui dépendent aussi de votre offre, de vos prix, de la qualité de votre relance et de la réactivité de vos équipes. Formulez cette frontière au démarrage : ce que le prestataire garantit, ce qu'il vise sans le garantir, et ce qui relève de vous.

Enfin, prévoyez un temps de retour d'expérience à la fin de chaque étape importante, mené sans chercher de coupable. Trois questions suffisent : ce qui a fonctionné, ce qui a coûté plus cher ou plus de temps que prévu, ce que nous ferons différemment au lot suivant. Assumer ses choix, dans un contexte d'entreprise, ne consiste pas à endosser une faute en public. Cela consiste à savoir qui a décidé quoi, à quelle date et sur quelle base, pour pouvoir corriger vite plutôt que d'arbitrer à l'aveugle.

Questions fréquentes

Peut-on confier le pilotage du projet à l'agence elle-même ?

Elle peut assurer la gestion opérationnelle, mais la décision et les arbitrages doivent rester chez vous. Sans interlocuteur décisionnaire côté client, l'agence finit par choisir à votre place sur des sujets qui engagent votre entreprise.

Que faire si plusieurs services ont des demandes contradictoires ?

Faites remonter l'arbitrage au sponsor et tranchez avant de transmettre à l'agence. Envoyer des demandes contradictoires à un prestataire génère des heures facturées sans valeur ajoutée.

Comment savoir si un projet a échoué à cause de l'agence ou de nous ?

Relisez le compte rendu des décisions et les délais de validation de chaque côté. C'est précisément pour cela qu'un relevé écrit des décisions, même sommaire, vaut mieux qu'une discussion de mémoire.

Sources

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